Marion Dutoit, artiste plasticienne

Marion Dutoit a choisi de poser ses valises à Cour-Cheverny fin 2022. Elle a quitté l’ambiance du littoral de la région du Havre pour la Loire... Marion a découvert le Loir-et-Cher suite à une première mission à Bracieux (2018-2020) dans le cadre de ses activités professionnelles.

Marion Dutoit, artiste plasticienne
Marion Dutoit : « J’ai une formation de paysagiste (1) et j’ai exercé une activité de maître d’oeuvre pendant quelques années. Puis je suis retournée à l’art. Initialement, je suis arrivée dans la région à l’occasion d’un travail à la Maison de retraite de Bracieux. C’était un projet inter-générationnel mis en place avec un dispositif de financement public ».
Artiste indépendante, Marion est plasticienne et les études d’art qu’elle a suivies avant l’école du Paysage ouvrent encore davantage sa vision vers des pratiques artistiques qui s’appuient sur l’implication humaine : « J’ai commencé à monter de très grandes installations à l’échelle du paysage avec une large mobilisation de personnes. Au cours de ces pratiques, j’ai confirmé mon goût et mon intérêt pour la confrontation avec des publics très différents, notamment aux côtés des personnes les plus fragiles, en les faisant participer à des projets d’intérêt collectif ou de grande visibilité sous forme d’installations artistiques ».

On peut encore voir certaines oeuvres à la « Maison du bien vieillir » de Bracieux, ou à Saint-Dyé-sur-Loire, « La Table des Mets », tressée avec Stéphanie Buttier, dans le cadre de la Saison culturelle « Waouh ! » organisée par la Communauté de communes du Grand Chambord ».

Faire de la vulnérabilité une force
M. D. : « Chaque projet est différent. Il y a toujours un temps d’enquête à la recherche d’un sujet sur mesure par rapport au groupe avec lequel je vais travailler ». Auprès des publics fragilisés, adultes ou enfants, cette prise de conscience de la richesse du groupe vise à sortir l’oeuvre du milieu de soins vers le milieu de l’art et l’espace public pour qu’elle soit partagée et sa production valorisée.

Marion Dutoit, artiste plasticienne
Au rythme des saisons
Les projets réalisés s’inspirent de près des paysages et de la culture locale, la saisonnalité impacte donc directement leur déroulement : le printemps est très chargé, l’hiver plutôt une période d’écriture et l’été axé sur la post-production. Dans les interstices du calendrier de résidences, Marion est à l’atelier et développe des séries thématiques plus personnelles, en peinture ou en sculpture.

Les Glaneuses d’eau
C’est le titre d’un projet que Marion développe actuellement avec le soutien de la Région Centre-Val de Loire sur le thème de la disponibilité de l’eau potable. Il s’agit de marcher avec des groupes qui ont un lien ou non avec la terre pour recueillir des boues qui retiennent l’eau. Marion demande au groupe de sculpter des bols avec cette terre. Pour ce faire, elle a créé une association, « La force des faibles », qui sera porteuse d’autres projets.
Parmi Les Glaneuses d’eau, des chercheurs de l’université de Tours donnent leur lecture de « l’invisible » sur cette matière fondamentale. Par exemple, Sébastien Salvador Blanès, directeur de recherche, est archéologue du sol et Célestine Delbrat est hydrogéologue. Ce projet sur l’eau irrigue de nombreux sujets, très actuels. Marion est encouragée et soutenue par le Pays des Châteaux afin de modeler un projet plus vaste, à long terme, sur d’autres régions.

La marche est une action très fédératrice en lien avec le paysage et la terre
Actuellement, pour le projet des « Glaneuses d’eau », Marion est déjà accompagnée par plusieurs groupes : le CDPNE, des étudiants de l’école de la Nature et du Paysage de Blois, la clinique de Saumery, le collège de Bracieux, les Maisons de Bois Vert à Cour-Cheverny, les Marcheuses de Blois, la communauté de communes du Grand Chambord… Une dizaine de marches sont prévues sur les bassins du versant de Loire et en Sologne qui précèdent les ateliers de modelage.

Si vous désirez vivre cette expérience, entre sciences de la terre et art, n’hésitez pas à prendre contact.

Contact : lesglaneusesdeau@laforcedesfaibles.fr

(1) École nationale supérieure de paysage de Versailles.

J.-P. T

La Grenouille n°70 – Janvier 2026

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire

Merci de nous donner votre avis sur cet article, de nous transmettre un complément d'information ou de nous suggérer une correction à y apporter