Souvenirs d'une garde-barrière

La Grenouille a recueilli le témoi­gnage d’Alice Leroux qui était en charge du PN (Passage à niveau) n° 207 situé au croisement de la voie ferrée avec la voie de Chantreuil.

Elle habite toujours la maisonnette qu’elle a rachetée à la SNCF. Elle a conservé précieusement les lanternes qu’elle utilisait pour le service et relate volontiers les quelques événements qui ont marqué cette période de sa vie professionnelle. Elle a pris ses fonc­tions en 1938. À l’époque, son mari travaillait aussi pour la SNCF, qui avait absorbé la Cie Paris-Orléans. Blessé à la guerre en 1940, il se reconvertit et s’installe comme cordonnier dans un petit local jouxtant la maison, tout en aidant occasionnellement son épouse pour le service de la barrière.

Alice Leroux devant sa maison du PN 207
Alice Leroux se souvient : « Il y avait trois trains de voyageurs par jour dans chaque sens et aussi des trains de marchandises. Les trains n’allaient pas vite (moyenne de 30 km/h). Si les trains de voyageurs étaient à peu près à l’heure, il n’en était pas de même des autres trains et les retards étaient parfois conséquents. Astreinte à des horaires précis d’ouverture et de fermeture des barrières, ces dernières restaient ouvertes lorsque le retard était important et c’était le chauffeur qui, arrêtant le train, se chargeait de la manoeuvre ! Je me souviens d’un chauffeur qui s’arrêtait pour acheter des fraises chez un maraîcher dont l’exploitation se trouvait voie de Chantreuil à proximité de la barrière...

Un accident me revient aussi en mémoire : pendant la guerre, un véhicule de soldats allemands hébergés au château de Chantreuil, fut heurté par un train. Mon mari, qui me remplaçait ce jour là, (j’étais ali­tée) avait oublié l’horaire. Comme il n’y eut pas de blessés, nous avons échappé aux représailles ».

Alice Leroux quitta officiellement son poste en 1950, suite à l’enlève­ment des rails.

Le PN 206














Le Héron - La Grenouille n° 29 - Octobre 2015